Couplets chantés au Banquet Solsticial de la Persévérance (1846)
Cliquez ici pour entendre cet air (fichier midi emprunté à une page du site Histoire de France en Chansons)
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La Persévérance est une Loge anversoise.



La chanson dont le texte est reproduit ci-dessus, figure à la feuille ci-dessous.
L'occasion de ce banquet était le Baptême maçonnique de deux Luwtons (on trouve plus souvent Lowtons ou louveteaux), parmi lesquels manifestement (cfr. dernier couplet) le fils du Frère Lippens.
Le Baptême maçonnique était une cérémonie très en vogue au XIXe : une description en est donnée dans le tome 2 (p. 139) de l'Histoire des Francs-Maçons de J.-P. Dubreuil (Bruxelles, 1838) ; une autre dans un article du Soleil mystique.
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Une telle cérémonie concernait (cfr. détails ci-contre des illustrations ci-dessous) des nourrissons ou de jeunes enfants. Ces gravures publiées respectivement par les revues l'Illustration et Le Monde Illustré témoignent du caractère d'événement mondain de telles cérémonies. Voici un extrait de l'article de l'Illustration :
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Baptêmes dans les Loges parisiennes de (à droite) la Persévérante Amitié en 1861 (30 enfants, 800 invités, 300 ... becs de gaz ; la cérémonie fut suivie d'un bal) et (ci-dessous) la Clémente Amitié.
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Si l'on en croit le même Dubreuil (p. 146 cette fois), les enfants ainsi baptisés pouvaient être confirmés à partir de 17 ans, dans une cérémonie spéciale qu'il décrit et qui semble très proche de la cérémonie classique d'Initiation. Il existait aussi une cérémonie de Protectorat maçonnique, que François Favre décrit dans un chapitre de ses Documents maçonniques.
Ces usages, qui rappellent par trop les sacrements de l'Eglise (on était à l'époque au plein de la crise entre celle-ci et la maçonnerie belge), ont, sauf erreur, complètement disparu. D'après une page de ce site, il semble bien qu'en fin de XIXe déjà avait fait son chemin l'idée qu'il serait illogique de baptiser avant l'âge de raison.
De nos jours, certaines Loges pratiquent plutôt, vis-à-vis généralement d'adolescents, une cérémonie dite d'Adoption, qui est simplement une présentation, aux enfants de maçons, des idéaux maçonniques et une confirmation, vis-à-vis du jeune, des engagements d'assistance (engagements qui existent de toute manière, même si aucune cérémonie ne vient les acter) qu'a la Loge de son père ou de sa mère envers lui si ce parent venait à disparaître avant d'avoir pu achever son éducation.
Par ailleurs, le texte du Frère Lippens est riche d'allusions difficilement compréhensibles sans connaître quelques éléments biographiques sur lui - ce qui n'est pas notre cas.
De même nous n'avons pu identifier l'événement concerné par l'allusion au hochet de 40.000 francs sorti du chapeau de Son Eminence.

Ce document provient du Fonds Stevens de la Bibliothèque Nationale de Belgique, où il a été retrouvé, au cours de son exploration de ce fonds, par Ben G., qui nous l'a aimablement communiqué. Merci à lui.
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Pierre-Albert-Joseph Stevens fut avocat au barreau de Bruxelles et bâtonnier de l'Ordre. A sa mort, sa bibliothèque a été dispersée mais une grande quantité de documents ont été remis à la Bibliothèque Nationale de Belgique. Ce fonds Stevens est composé de 57 volumes de brochures diverses, y compris quelques documents manuscrits, la plupart relatifs à la vie politique belge dans la première moitié du XIXe siècle, mais parfois aussi à la franc-maçonnerie. Selon le Bulletin des Travaux du Suprême Conseil pour la Belgique (n°63, p.28), Stevens avait été élu Lieutenant Grand Commandeur le 8 janvier 1830 et Souverain Grand Commandeur le 16 février 1840. Il est mort en fonctions en juin 1855. Comme en témoigne l'inscription ci-dessous, le qualifiant de Grand Maître du Rit Ecossais, c'est à ce titre qu'il fut invité à la cérémonie mentionnée ici.
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A titre anecdotique, on mentionnera également que le Banquet Solsticial en question fut bien conforme aux pantagruéliques traditions gastronomiques bourgeoises de l'époque:


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