La franc-maçonnerie belge au XIXe siècle et l'anticléricalisme
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Nous avons pu retrouver l'une ou l'autre chanson témoignant de l'indignation des maçons belges après leur condamnation par les évêques de Belgique en décembre 1837 et de la vague anticléricale qui s'est ensuivie. Nous en avons mis quelques-unes sur ce site, plutôt pour leur intérêt historique que pour leurs qualités littéraires ou musicales, qui ne nous semblent pas éminentes :
Franche-Maçonnerie Belge (Bruxelles 1840)
Les FrancsMaçons et le Clergé belge (Bruxelles)
Rapport de l'archevêque de Malines à notre St.-Père le Pape sur tout ce qui se passe en Belgique (en wallon)
Petite réponse de Maçon
au Mandement de l'évêque
(en
wallon)
On trouve d'ailleurs l'écho des mêmes préoccupations dans d'autres chansons, comme une Prière maçonnique, le Cantique pour l'installation de la Loge de la Réconciliation et celui pour l'installation de la Loge Le Travail.
On trouvera ci-dessous quelques données sur leur contexte historique.
En 1830, au moment de la proclamation de l'indépendance de la Belgique, l'unionisme a rassemblé catholiques et libéraux dans leur opposition au pouvoir hollandais.
A cette époque, la plupart des francs-maçons belges sont des catholiques pratiquants et souvent convaincus - ce qui ne les empêche pas d'être en général anti-cléricaux, au sens propre du mot, c'est-à-dire opposés à l'ingérence de l'Eglise dans la vie politique.
Comme au XVIIIe siècle, des ecclésiastiques figurent d'ailleurs parmi eux.
De cette religiosité, témoignent par exemple deux chansons de 1840 figurant à ce site, un Cantique d'Installation d'une Loge et une Prière maçonnique.
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On lit d'ailleurs, à la médaille frappée pour la création du Grand Orient de Belgique en 1833, l'inscription suivante : AD
MAJOREM DEI GLORIAM (A la plus grande gloire de Dieu, sous les heureux auspices de Léopold Ier roi des Belges, est fondé le Grand Orient, sous la présidence du Frère J. Defrenne - A Bruxelles, le 23e jour du 12e mois de l'année de la Vraie Lumière 1832) La première réunion solennelle du Grand Orient de Belgique en 1833 s'était d'ailleurs terminée par une prière adressée au Très-Haut pour le remercier de ses faveurs. |
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La circulaire, datée de
décembre 1837 |
Malgré les condamnations papales antérieures, un modus vivendi semblait en effet s'être instauré entre l'Eglise et la Franc-Maçonnerie. Cela n'empêche pas que déjà se manifeste une certaine méfiance, comme en témoignent tant une chanson de 1834 que cet extrait d'une chanson de 1818 : On vit parfois au Vatican Mais ce modus vivendi sera rompu quand, en janvier 1838, les maçons, sidérés, se verront condamnés en chaire de vérité par une circulaire des évêques. |
Après cette condamnation, les Maçons, s'estimant calomniés, diffusèrent dans le public un résumé de leurs principes moraux, les Préceptes Maçonniques.
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Notamment, ils frappèrent une médaille montrant d'un côté le serpent clérical s'attaquant vainement à la lime maçonnique et de l'autre, finement gravé, le texte des préceptes utilisé à l'époque. En cliquant sur chacune des images ci-contre, vous en obtiendrez un agrandissement. Un conflit analogue allait se produire en France quelques années plus tard, avec des causes, des épisodes, et des conséquences, très semblables. Sous une forme moins virulente, on retrouve l'écho de ces préoccupations dans un chansonnier suisse en 1865. |
La lime et le serpent Ce thème de la lime et du serpent allait faire florès. Par exemple, dans un discours prononcé le 24 juin 1854 lors de la Fête solsticiale du Grand Orient de Belgique, le Frère Bourlard, Grand Orateur, s'exclame Eh bien mes Frères, soyons la lime contre laquelle les dents du serpent viennent se briser. Mais il pouvait tout aussi bien s'utiliser dans l'autre sens : la gravure ci-contre, parue en couverture, le 23 mai 1909, du n° 1690 de l'hebdomadaire catholique français Le Pélerin, et due à A. Lemot, le reprend exactement, mais inversé : c'est ici le serpent maçonnique (dont la queue est visible en bas à gauche) qui se casse les dents sur la lime d'une croix devenue métallique : croix de bois, croix de fer, si je mords je vais en enfer ? |
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Laissons la parole à des historiens pour nous expliquer les causes de cette évolution :
Dès l'époque de la fondation du royaume de Belgique, l'Église catholique adopte une attitude offensive, tant en matière d'affirmation des dogmes que sur le plan de l'organisation sociale. Pour assurer son influence sur les milieux intellectuels, l'épiscopat annonce, en février 1834, l'ouverture d'une université catholique à Malines pour la rentrée académique suivante. En réaction, plusieurs Frères des Amis Philanthropes - parmi lesquels Pierre-Théodore Verhaegen et Auguste Baron - conçoivent l'idée de créer une institution universitaire dégagée de tout dogmatisme moral et religieux, conformément à l'esprit de la constitution belge, qui reconnaît de façon solennelle la liberté d'enseignement. Au cours du banquet de la fête solsticiale le 24 juin 1834, dans la ligne de plusieurs loges attentives au développement de l'instruction primaire, ces Frères présentent leur projet d'établissement d'une université libre, lequel reçoit dans l'Atelier un assentiment unanime. Le 20 novembre suivant, l'Université libre de Belgique est née. Elle deviendra quelques années plus tard l'Université libre de Bruxelles et sera promise à un avenir brillant.
En décembre 1837, les évêques de Belgique, aiguillonnés par les encycliques Quo graviora (1825) de Léon XII, Traditi (1829) de Pie VlII et Mirari vos (1832) de Grégoire XVl, rédigent à l'intention des curés de paroisse une lettre circulaire sur la franc-maçonnerie. Cette lettre est lue en chaire de vérité en janvier 1838 et, rappelant les différentes prohibitions pontificales contre l'Ordre, met les catholiques en demeure de quitter les loges et de livrer à leur confesseur tous les livres et décors maçonniques en leur possession. Cette intervention du clergé constitue une véritable déclaration de guerre contre les francs-maçons et émeut les plus hautes autorités de l'État. Le roi Léopold croit qu'on n'en agirait pas ainsi à Rome et le nonce apostolique lui-même, Mgr Fornari, décèle dans l'attitude du pouvoir clérical en Belgique un fâcheux excès de zèle.
Les francs-maçons, parmi lesquels se comptent de nombreux croyants sincères, ne cachent pas leur indignation devant une telle attaque. Au nom du Grand Orient, Pierre-Théodore Verhaegen tente même d'intervenir à Rome pour atténuer les effets de la condamnation.
Mais la presse catholique se déchaîne : le Journal historique et littéraire va jusqu'à publier des listes de Frères. Devant un tel acharnement, le Grand Orient prend la décision d'autoriser les Maçons revêtus de fonctions sacerdotales ou ceux qui "pourraient éprouver des chagrins domestiques" à quitter l'Ordre. Les quelques représentants du clergé qui décoraient les Colonnes se mettent en sommeil, ainsi qu'un petit nombre d'adeptes soucieux de préserver leur harmonie familiale.
Mais, contrairement aux effets visés par les évêques, les effectifs des loges vont augmentant. Surtout, la condamnation épiscopale redouble le zèle des initiés et attire dans les Ateliers une nouvelle génération de Maçons, moins liés aux traditions de l'Église. Les membres de la noblesse et de la haute bourgeoisie catholiques désertent le Temple et sont largement remplacés par des représentants de la classe intellectuelle ou des professions libérales.
Pourquoi l'épiscopat prit-il alors position ? Il y était sans doute poussé par les condamnations pontificales, mais les plus célèbres remontaient au XVIIIe siècle et n'avaient pas empêché de s'établir pendant longtemps, le modus vivendi que nous avons décrit. Il y avait aussi l'aide portée par les loges à l'enseignement laïque, mais les écoles mutuelles étaient encouragées par la maçonnerie depuis l'époque du roi Guillaume et la fondation de l'Université de Bruxelles datait de 1834. L'explication réside donc ailleurs.
En fait, la décision des évêques a été provoquée par l'apparition de nouvelles loges. En particulier la formation d'un atelier gantois parut au clergé entraîner de redoutables conséquences. Pour comprendre son émotion, il faut savoir que la franc maçonnerie du Grand Orient avait pour protecteur - protecteur nullement désintéressé du reste - Léopold Ier. Maçon lui-même, le roi estimait en effet qu'une franc-maçonnerie convenablement dirigée, pouvait rendre de grands services au pays sous le rapport de la propagation de l'instruction publique et sur celui de la nationalité. C'est pourquoi il avait encouragé, en 1835, un de ses hommes de confiance, le baron de Stassart, à accepter la grande maîtrise de l'Ordre. Par loyalisme monarchique et en particulier pour réaliser une conquête sur l'orangisme, Stassart décida d'établir à Gand, où les milieux maçonniques étaient dominés depuis la révolution par des partisans du roi Guillaume, une loge du Grand Orient qui, pour montrer son attachement à Léopold Ier, choisit de se nommer "la Fidélité". Cette création inquiéta la presse conservatrice qui prétendit que la formation de la loge allait diviser en catholiques et libéraux le parti unioniste. Cela était vrai. Ce qui l'était encore davantage c'est que son orangisme empêchait le Septentrion d'exercer une influence efficace dans la vie politique. Au contraire une loge d'esprit belge représenterait une puissance avec laquelle il allait falloir compter. Alarmés par ce fait nouveau, les vicaires généraux de Gand demandèrent alors au cardinal Sterckx d'intervenir contre la maçonnerie.
Toutes les descriptions qu'on possède de ces ateliers d'officiers montrent en effet qu'ils s'apparentaient davantage à des sociétés d'agrément qu'à des clubs philosophiques. D'autre part, ces loges paraissaient d'autant plus utiles au roi et à Stassart qu'à leurs yeux, elles assuraient le loyalisme de l'armée. Pourtant, avant même que l'épiscopat ne prit officiellement position contre la franc-maçonnerie, Van Bommel avait fait des démarches discrètes auprès du ministre de la guerre pour obtenir des mesures contre ce genre d'ateliers. La raison de cette haine réside dans le fait que Van Bommel voyait dans la vie militaire un instrument de déchristianisation, ce qui est sans doute exact. Mais ignorant ce qu'était l'atmosphère d'une caserne, il attribuait aux officiers francs-maçons la mentalité irréligieuse des soldats. Déjà à l'armée, écrira-t-il, la maçonnerie triomphe au détriment de la Belgique. Il est de fait que la masse des enfants de la Belgique y perd la foi de leurs pères; et que tout jeune homme qui ne veut pas abandonner les pratiques de sa religion y est l'objet des railleries de ses chefs et d'une persécution incessante.
Si les évêques avaient pensé que leur circulaire entraînerait les catholiques à abandonner les loges, leur espoir ne fut pas couronné. Les défections furent rares.
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De son côté, Verhaegen parlant en 1841 devant les Amis Philanthropes affirmera : Nous appartenons à l'opinion libérale, c'est-à-dire progressiste, mais quoi qu'on en dise, à l'opinion tolérante, ennemi des scandales irréligieux, plein de respect pour une religion que nous reconnaissons comme la base la plus sûre de cette moralité du peuple dont l'absence envenime tous les progrès. Aussi la soudaine hostilité que témoignait l'Eglise belge à une société qui avait compté parmi ses membres le prince évêque Velbruck et qui avait entretenu d'excellentes relations avec des prélats tels que l'évêque de Namur Pisani de la Gaude, choquait profondément Stassart. La condamnation ne lui paraissait pas avoir été dictée par des motifs religieux, mais par des considérations beaucoup plus prosaïques.
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L'épiscopat remporta encore d'autres succès. Son attitude conduisit le roi, soucieux de ménager l'Eglise, non pas sans doute à rompre brutalement avec la franc-maçonnerie, mais en tout cas à ne plus la protéger. Cette défection du monarque provoquera la décadence rapide des ateliers militaires. La circulaire aura un effet beaucoup plus important en décourageant les catholiques de demander encore leur initiation. Le recrutement maçonnique ne fut pourtant pas tari. Au contraire, le résultat certain de la circulaire fut de multiplier les ateliers, civils du moins, et d'en gonfler les effectifs.
Andries Van den Abeele (5)
Depuis que la bulle de Benoît XIV, en 1751, avait confirmé la première condamnation de 1738 (sans rencontrer plus d'échos, d'ailleurs, en dehors des Etats pontificaux), l'Eglise ne s'était plus ingérée dans les affaires de la franc-maçonnerie. Maintenant, les choses allaient changer. L'une après l'autre, se succédèrent quatre condamnations : par Pie VII (1821), Léon XII (1825), Pie VIII (1829) et Grégoire XVI (1832).
Ce regain d'intérêt pour la franc-maçonnerie était plutôt le résultat de circonstances locales. Les papes, en tant que chefs temporels des Etats pontificaux, en avaient surtout contre la société secrète italienne des carbonari, qui voulait remplacer tous les royaumes de la péninsule par un état italien. Dans les mandements pontificaux, qui fulminaient contre les ennemis de la papauté, on ajouta pour faire bonne mesure les francs-maçons aux carbonari.
Toutefois, l'attitude des autorités ecclésiastiques, en France dans les provinces belges, resta remarquablement sereine à l'égard de la franc-maçonnerie.
Les évêques n'estimèrent pas nécessaire d'accorder une attention particulière aux condamnations papales ou de les propager avec zèle dans leur diocèse.
L'opposition qui se manifestait ça et là était l'œuvre de membres du clergé séculier ou de quelques moines. On la prit si peu au sérieux dans les milieux bourgeois où la franc-maçonnerie recrutait, qu'on y affirma tout simplement que les condamnations de l'Eglise, proclamées par ces "fanatiques", n'existaient pas. Dans les milieux maçonniques, on considérait les bulles de Clément XII et de Benoît XIV comme apocryphes, car il semblait impossible aux Frères que leur société, fondée sur des principes chrétiens, pût encourir ne fût-ce qu'une seule critique de la part de l'Eglise.
L'incident qui se produisit à Audenarde en 1827 - le doyen était entré dans la loge pour en chasser le diable - était exceptionnel. Ce fut rien de plus qu'un fait-divers, dont on se divertit grandement, dans les milieux ecclésiastiques comme dans les loges.
| Sous le titre Pourquoi cette "circulaire"?,
Joël Arvelle (1) estime que :
La raison principale de l'intervention épiscopale est avant tout de nature politique. L'Église aurait voulu arriver à faire accepter ou imposer le catholicisme comme religion d'État, et en quelque sorte à constituer un Etat dans l'Etat. Les prêtres se transformaient de plus en plus, même dans leurs sermons, en agents électoraux du parti catholique. Les Maçons, pratiquement tous libéraux, ne pouvaient que s'opposer de toutes leurs forces à cette ingérence cléricale dans la vie politique. Un maçon namurois, Braas, rappelait à l'époque (dans une lettre à Stassart), la proclamation de Boniface VIII : Le glaive temporel comme le glaive spirituel appartient à l'Eglise et ajoutait : Posons hardiment et nettement la question entre la religion comme croyance et la religion comme pouvoir, et soyez bien convaincu que si la grande majorité des Belges est religieuse, elle n'en est pas moins ennemie du pouvoir temporel du clergé.
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| Le souhait de l'Eglise de régenter toute l'instruction publique
allait
être un des champs de bataille du conflit. Cette question
scolaire devait pour longtemps empoisonner le climat politique de la
Belgique.
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L'hostilité
de l'Eglise à la franc-maçonnerie allait notamment se traduire par la
création de la Ligue antimaçonnique : ci-contre, une gravure
parue en 1913 dans le bulletin de cette ligue ; un archange
(Saint-Michel ?) terrasse la bête qui, ceinte d'un tablier
maçonnique, se cramponne au triangle et à l'étoile de David :
c'est le thème du complot judéo-maçonnique.
Dans un article du publiciste français Claudio Jannet (1844-1894 ; il est notamment l'auteur en 1877 de Les Sociétés secrètes et en 1884, avec Louis d’Estaing d’Estampes, de La Franc-maçonnerie et la Révolution), publié en 1890 dans un n° spécial du Patriote illustré, on peut lire par exemple : La Franc-Maçonnerie a été ...avant tout une hérésie. Le Communisme et l'Anarchisme sont en puissance dans tous ses rites : ils sont la conséquence logique du naturalisme, qui depuis cent cinquante ans est enseigné dans toutes les loges ... Elle a servi puissamment les Juifs à pénétrer sur le pied d'égalité civile et politique dans toutes les nations chétiennes ... |
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Note complémentaire Un précédent L'épiscopat belge n'en était pas à son coup d'essai en matière de direction des consciences et d'ingérence dans la vie privée ou dans le domaine politique. Un précédent nous est narré dans le chapitre de Jean-Jacques HEIRWEGH, La fin de l'Ancien Régime et les révolutions, de l'ouvrage (6) LA BELGIQUE AUTRICHIENNE 1713-1794. Les Etats Généraux des Etats-Belgiques-Unis (belgique était à l'époque un adjectif) avaient proclamé en 1789 l'éphémère indépendance de la Belgique, mais s'étaient rapidement déchirés entre "vonckistes" (de tendance souvent progressiste) et "vandernootistes" ultra-conservateurs, qui engagèrent, pour les écraser, des bandes de casseurs généralement recrutés parmi les portefaix et débardeurs privés de travail. Nous y lisons aussi que, le 31 janvier 1790, l'archevêque de Malines donne un mandement de carême qui est une véritable déclaration de guerre aux innovateurs, décrits comme des ennemis de la religion et de l'Etat, pervertis par les idées philosophiques et qu'une pétition lancée par l'autorité ecclésiastique mit en branle une grande partie du clergé. Un tract vandernootiste donne le ton : Et comme ils prétendent être du pays de la lumière, Notre attention à ce sujet a été attirée par l'anecdote suivante, contée (source : 7) dans le journal L'Oracle du vendredi 10 janvier 1817 au sujet d'un certain De Wargny (dont le fils allait devenir un maçon fort actif): M. De Wargny, chevalier de l'ordre du Lion de Belgique, sentant approcher sa dernière heure, fit venir un ecclésiastique qui refusa de lui donner l'absolution s'il ne rétractait le serment qu'il avait prêté comme membre des Etats Généraux vu que ce serment a été formellement déclaré contraire à la religion par les Evêques de la Belgique. On convoqua aussitôt deux notaires, entre les mains desquels il se rétracta et abjura le serment qu'il avait fait ... en les priant de publier cet acte autant que possible et en léguant en même temps aux pauvres les 7000 francs qu'il avait reçus du gouvernement pour honoraires de la place qu'il occupait. |
Nos
principales sources pour cette page ont été les ouvrages suivants :
(1) Joël Arvelle, Histoire de la Franc-Maçonnerie belge (J.-M. Collet, 1995)
(2) Jacques Lemaire, la Franc-maçonnerie en Belgique, les Loges symboliques (Edimaf 2002)
(3) John Bartier, Laïcité et Franc-Maçonnerie, études rassemblées et publiées par Guy Cambier (éd. de l'ULB, 1981)
(4) Jo Gérard, la Franc-Maçonnerie en Belgique (J. M. Collet Ed., 1988)
(5) Andries Van den Abeele, Les Enfants d'Hiram - Francs-maçons et franc-maçonnerie (Roularta 1992)
(6) LA BELGIQUE AUTRICHIENNE 1713-1794, Les Pays-Bas méridionaux sous les Habsbourg d'Autriche, livre électronique (eBook) sous la direction d'Hervé HASQUIN, Luc Pire Électronique
(7) F. Clément, Histoire de la FM belge au XIXe siècle
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