Les Chansons Originaires des Francs-Maçons
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Venant de
Londres où il était membre de la French Union Lodge,
Vincent La
Chapelle, célèbre cuisinier et auteur gastronomique (son ouvrage Le
cuisinier moderne, qui apprend à donner toutes sortes de repas, en
gras & en maigre, d'une manière plus délicate que ce qui en a été
écrit jusqu'à présent est encore édité aujourd'hui), fut en 1734
à La Haye un des fondateurs et le premier Vénérable de la première Loge
des Pays-Bas, La Loge
Françoise (i. e. française), devenue dès 1735 (dès
qu'une seconde Loge fut fondée) la Loge
du Grand Maître des Provinces réunies et du ressort de la Généralité, puis (en 1749) L'Union
(celle-ci
fusionna en 1757 avec la Royale pour devenir l'Union Royale :
cette Loge existe
toujours et porte le n° 1 du Grand Orient des Pays-Bas).
C'est lui qui est le promoteur du recueil (avec partitions) Chansons Originaires des Francs-Maçons suivie de la Muse Maçonne ou Recueil de nouvelles Chansons sur la Maçonnerie, publié à la Haye, Aux dépens du Sr. Vincent la Chapelle, Maître de Loge, sans indication de date. Mais d'après le remarquable ouvrage de MALCOLM DAVIES, The masonic muse. Songs, music and musicians associated with Dutch freemasonry: 1730-1806 (Koninklijke Vereniging voor Nederlandse Muziekgeschiedenis, Utrecht 2006), on peut le dater approximativement de 1744. On en connaît des réimpressions, notamment en 1747. |
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(ci-contre) : signature de Vincent La Chapelle (image empruntée au site d'une Loge qui porte son nom). |
Le même Sr. Vincent la Chapelle, Maître de Loge avait déjà fait publier, également à ses dépens en 1735 et dans la même ville l'ouvrage intitulé Chansons de la Très-Vénérable Confrairie des maçons libres, qui semble donc bien constituer le premier recueil en langue française, antérieur même à celui de Naudot à Paris, lequel ne parut que deux ans plus tard. Ce recueil de 23 pages ne comprenait que 4 chansons : celles (selon le modèle d'Anderson) des Apprentis, des Compagnons, des Surveillants et des Maîtres. Selon le même Malcolm Davies (qui nous a servi de source pour certaines des données de la présente page), les partitions en étaient malheureusement bourrées d'erreurs.
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Le recueil de 1744 qui fait l'objet de cette page se compose de deux parties bien distinctes. La première (jusqu'à la p. 40) comprend 8 chansons et un poème (la célèbre apologie de Procope). Les 4 premières chansons sont - dans une version mieux notée que la précédente - les chansons des Apprentis, des Compagnons, des Surveillants et des Maîtres, qui figurent aussi chez La Tierce et chez Naudot, et qui seront reprises dans de nombreux recueils ultérieurs. Sauf une (p. 21) qui est nouvelle et ne se retrouvera à notre connaissance dans aucun autre recueil, les autres figuraient déjà au recueil de Naudot. Mais cette partie contient aussi (pp. 35-38) la Basse de tous les choeurs (ceux de 4 des chansons précédentes) pour la commodité des Frères qui veulent les apprendre. |
La deuxième partie (pp. 41 à 72) s'intitule la Muse Maçonne. Outre une Ode allégorique (inédite), elle contient 10 chansons. Sauf une (celle de la p. 43, qui ne figure à notre connaissance dans aucun autre recueil), toutes se retrouveront dans un ou des chansonniers ultérieurs.
D'aucune des dix, en tout cas, nous ne connaissons d'édition antérieure ; c'est donc à juste titre que cette Muse Maçonne déclare être un Recueil de nouvelles Chansons sur la Maçonnerie.
On voit donc que ce recueil marque une date importante dans l'histoire du chansonnier maçonnique.
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Extraits de la préface (orthographe d'origine) Voici les Chansons Maçonniques telles qu'elles ont étés mises en Musique par le Frere LANSA, & traduites de l'Anglois par lui même & le Frere LA TIERCE ; mais comme elles furent à peine finis lorsque ce dernier Frere partit de Londres, il ne pouvoit les communiquer que très imparfaites à la Loge qu'il établit à Francfort, d'autant plus qu'elles n'étoient point Gravées ; d'ailleurs la Musique n'étant point entierement dans le gout François, plusieurs autres Freres qui les ont introduites dans les Païs étrangers, ont voulu y ajouter ou diminuer selon leur gout particulier, de sorte qu'à Paris, Berlin, & Francfort, elles n'ont parues que très deffectueuses ; outre que pour grossier le Volume ils ont ajoutées des Pièces peu dignes de la Vénérable Fraternité. C'est-ce qu'on a voulu éviter ici, de même que de commencer ce livre par une Marche, plus propre pour le Militaire, que pour des Francs Maçons, qui n'admettent dans leurs Processions Solemnelles de Londres aucun Duc & Pair armé d'une Epée, d'autant plus que les Armes Guerrières, ne s'accordent point avec un Tablier Blanc. Cependant on y trouvera des Pièces Véritablement dignes de la Respectable Fraternité que le Frere PROCOPE célèbre Médecin & Professeur de l'Université de Paris, nous a données, comme l'Apologie des Francs Maçons, & autres &c. qui feront toujours honneur à l'Auteur. Le Frere LANSA, y a encore ajouté un Chorus que l'on a trouvé nécessaire après l'Ouvrage, & qui peut se chanter en trois manieres differentes. Il a aussi trouvé bon d'indiquer un moyen pour bien chanter tous Chorus d'autant qu'ils repondent aux Chansons & font l'agrément de la Loge ; pour cet effet il faut prémierement que chaque Frere tâche d'apprendre une des deux parties, selon la portée de sa Voix, ce qui peut se faire facilement par la voye d'une Flute, d'un Violon, ou autre Instrument. En second lieu, il est necessaire de choisir deux Guides dans une Loge, un pour chaque partie du Chorus. Ces Guides doivent étre regulierement suivis par les Freres : mais comme il se trouve toujours dans une nombreuse Compagnie quelques-uns qui par leurs fredonnemens déconcertent le tout, il faut qu'on leur enseigne à moderer leurs transports & à suivre au lieu de devancer leur Guide, surtout dans les reprises, & tout ira bien. Note : on remarquera que ce texte contient, non seulement des critiques visant le recueil de Naudot, mais aussi l'explication des différences de mélodie dans les versions de la Tierce. Il confirme aussi que la création des 4 premières chansons maçonniques francophones a bien eu lieu, comme Davies l'a mis en évidence, à Londres, à la French Union Lodge. |
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p. |
Titre indiqué dans le recueil |
Incipit |
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6 |
Chanson des Apprentifs |
Frères et Compagnons de la Maçonnerie |
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8 |
Chanson des Compagnons |
Art divin l’Etre suprême |
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11 |
Chanson des Surveillants |
Adam à sa postérité |
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16 |
Chanson des Maîtres |
Tous de concert chantons à l’honneur de nos Maîtres |
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21 |
Unisons : Chœur Après l'ouvrage |
Buvons, buvons puisqu'il est temps de boire |
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Duo pour les Francs-maçons |
Lorsque sous le règne d’Astrée |
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Chanson nouvelle sur l'Ordre des francs-maçons |
Accordez nous votre suffrage |
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Apologie des francs-maçons (texte, de Procope) |
Quoi, mes frères souffrirez-vous |
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35 |
Basse de tous les choeurs pour la commodité des Frères qui veulent les apprendre | (pour les chansons précédentes) |
| Chanson nouvelle sur l'Ordre des francs-maçons | Sur notre Ordre en vain le Vulgaire | |
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43 |
Ode allégorique - Le Temple du vrai bonheur (texte) |
Quel est donc cet auguste temple |
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Les qualités qui font les vrais Maçons |
O toi qui de l’être suprême |
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53 |
Chanson pour porter la santé du Grand Maître |
Unissons-nous à cette table |
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Chanson de table |
Douce sympathie |
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Les oracles Maçons - le vrai Bien |
Mortel dont la plainte importune |
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Chanson d’un petit maître aspirant à la maçonnerie |
Si comme le berger Pâris |
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62 |
Réponse du Grand Maître à la chanson précédente |
Monsieur l’obstacle qui vous tient |
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L’enthousiasme |
Anime-moi de ton génie |
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Chanson sur les avantages de l'Amitié |
Des maçons ravissant partage |
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La Philosophie maçonne |
Du préjugé l'austère tyrannie |
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Chorus de tous les frères pour célébrer les louanges de l'Ordre |
Chantons en choeur chantons notre maçonnerie |
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