| 1.
Du vatican les serviteurs titrés,
Aux francs maçons déclarent-ils la guerre ?
Il est trop vrai ; ses adeptes mitrés
Déjà sur nous ont lancé leur tonnerre,
De la raison, sans fiel et sans aigreur,
Tournons contre eux, les armes redoutables ;
Ils ne sont plus ministres du seigneur,
Depuis qu'ils ont condamné leurs semblables. |
2.
Oser flétrir ce qu'on ne connaît pas,
Aux yeux du sage est charlatanerie;
Et cependant ces aveugles Midas
Ont fait outrage à la maçonnerie ;
Du créateur l'indulgente bonté,
Déplorera cette inique méprise,
En pardonnant à l'imbécillité.
Des maladroits qui gouvernent l'église. |
| 3.
Bravons sans crainte un inepte courroux ;
A l'ordre entier il devient efficace ;
Leur anathème amène parmi nous,
A chaque instant, néophites en masse.
Amour de Dieu, du prochain ; charité ,
Sont des vertus au maçon familières :
Vil intérêt, fourbe et duplicité
Ne s'inscriront jamais sur nos bannières. |
4.
Otons le masque à nos persécuteurs,
Entre eux et nous traçons un parallèle ;
Peintres du vrai, saisissons nos couleurs,
Dessinons-en l'astuce et le faux zèle.
Par un abus de la confession,
Que n'ont-ils pas désuni de ménages !
Combien aussi par mainte obsession,
N'ont-ils pas pris, usurpé d'héritages ? |
| 5.
On les voit vendre au riche, à
prix d'argent
Le paradis, les joies de l'autre monde ;
Même exciter, par la soif de l'argent,
A l'abandon des biens de ce bas monde ;
Absoudre, unir, toujours pour de l'argent;
Le regard louche, et d'un air méprisable,
Laisser sans honte, en absence d'argent,
Le pauvre en butte à la griffe du diable. |
6.
Nos ennemis, à ce sombre portrait,
Seraient-ils gens à ne pas se connaître ?
Déconcertés, confus à chaque trait,
Qui ne sent pas leur embarras renaître ?
Ces tonsurés à qui Dieu fasse paix,
Renvoyons-les au fond de leur église,
En les sommant de laisser désormais,
Le maçon vivre et mourir à sa guise. |
| 7.
A notre tour pleins de zèle et de foi,
Brièvement esquissons notre tâche ;
N'avons-nous pas pour précepte et pour loi,
De secourir le malheur sans relâche ?
Ce beau mandat de la Divinité,
Exige plus que stérile éloquence ;
Sobres de mots, chez nous la charité,
Sans nul éclat se pratique en silence. |
8.
A l'invisible architecte des cieux,
Unissons-nous pour offrir notre hommage ;
Supplions-le, recueillis et pieux,
De se montrer propice à notre ouvrage !
Aidés par lui, que peuvent des pervers ?
Méprisons-les, suivons notre carrière.
Aimons-nous, toi qui fis l'univers,
Du feu sacré de ta vive lumière ! |