Saint-Napoléon et alia

 

Sous l'Empire, non seulement d'innombrables chansons sont écrites à la la gloire de Napoléon, mais encore nombreuses sont les Loges dont le titre distinctif fait avec dévotion référence, directement ou indirectement, à lui (ou à des membres de sa famille).

La plus prestigieuse était Saint-Napoléon à Paris, constituée en 1804 par Grasse-Tilly, véritable gotha napoléonien dont étaient membres les maréchaux Brune, Masséna, Kellermann, le vice-amiral Ganteaume, les généraux Devaux de Saint-Maurice, Fabès, Gardane, Loison, Miollis, Quantin, Radet, Roize, Valence et Rampon, qui fut Vénérable en 1813. Parmi les membres civils, on relèvera les noms de Lacépède (qui en fut Vénérable), Laplace (1749-1827) et Mathieu de Lesseps (1774-1832), le père de Ferdinand.

Mais on citera aussi par exemple :

et, à l'extérieur : 

Selon l'article Napoléon I and Freemasonry, paru dans les Transactions of the Quatuor Coronati Lodge en 1914 (vol. XXVII), le Rituel 1805 du Grand Orient prescrivait que toutes les Loges auraient à ouvrir et fermer leurs Travaux au triple cri de Vive Napoléon le Grand et son auguste famille.
 

Un Rite napoléonien ?

Dans son Précis historique de l'ordre de la franc-maçonnerie (p. 43), Bésuchet signale - sans garantir cependant l'authenticité de cette affirmation - que le Comte de la Bourdonnaye (Vénérable de Saint-Napoléon à Angers) a même conçu en 1814 le projet (dont on ne sait s'il connut un début de réalisation - dans ce cas, en tout état de cause, la Restauration, dans les bras de laquelle la Bourdonnaye s'est jeté avec un enthousiasme égal, l'aura rapidement mis sous le boisseau) d'un nouveau grade intitulé Les Chevaliers de St Napoléon, qui ne devait pas être moins que le cinquième Ordre du Rite français.

Dans le Tome 2 de son Histoire de la Franc-maçonnerie française (Fayard, 1974), Pierre Chevallier donne en tout cas (p. 170) quelques extraits d'un rituel spécial de Chevalier prussien, en vigueur après la mort de Napoléon, et dont voici trois répliques particulièrement significatives (si l'on veut bien se rappeler que Napoléon est mort à l'heure y mentionnée) :

- le général : Quelle heure est-il ?

- le gouverneur : 6 heures moins dix minutes

- le général : Consummatum est

Médaille de membre de la Loge madrilène Napoléon le Grand, avec la devise L'Union fait la Force

Médaille (1809 ?) de la Loge parisienne St-Victor des Amis de la Victoire

 

Médaille de la Loge de Fontainebleau Napoléon le Grand

 

Réglements (1809) de l'Abeille Impériale et détail d'un diplôme des Amis de Napoléon et de la Victoire 

à l'Orient de Napoléon ???

une curiosité : sur ce diplôme de Rose-Croix décerné en 1807 par le Chapitre de la Bienfaisance à l'Orient de la 31e Leg. (ndlr : infanterie légère ?) au Frère Pierre-François Reynaud, capitaine au 26e Régiment de Ligne, membre de la Loge la Sagesse à l'Orient de Saint-Martin, île de Ré, la mention préimprimée Fait à l'Orient de ... a été complétée manuellement par Napoléon.

Un des signataires de ce diplôme, Aleman de Mirabel, est l'auteur de Vers au Frère Creste, chef de bataillon, publiés en 1807 à la p. 132 du T. 1 des Annales Maçonniques, tome visible sur Google livres (il s'agit sans doute de Charles-François Creste, 1768-1844, officier de la Légion d'Honneur, qui en 1809 allait devenir major au ... 31e régiment d'infanterie légère).

Ce tablier très égyptianisant est d'époque napoléonienne 

Cette médaille d'une grande rareté (il n'en aurait été frappé que 25 exemplaires), dont nous avons trouvé le dessin dans l'American Journal for Numismatics, est un autre exemple de l'adulation servile dont était obligatoirement l'objet la famille impériale, même dans les pays conquis (ici, à La Haye) : elle représente le berceau offert à l'Aiglon par la ville de Paris. Seuls la date et le mot Orient attestent qu'il s'agit bien d'une médaille maçonnique.

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