Une Marseillaise maçonnique

 

On trouve (pp. 141-142) dans le Nouveau Recueil de Cantiques, Hymnes et Chansons maçonniques de P. Orsel (1867) la version suivante (attribuée au Frère Delalande) de la Marseillaise, également citée par Ligou dans Chansons maçonniques des 18e et 19e siècles (ABI éd.).

Quelques décennies auparavant, ce texte figurait déjà, sous le titre Cantique maçonnique sur l'air des Marseillais, et avec la même attribution au Frère Delalande (auteur de nombreuses chansons de ce recueil), aux pages 24 à 26 du Recueil de Cantiques pour la Loge de la Parfaite-Union à l'Orient de Douay (vers 1804).

Quatre autres Marseillaises maçonniques figurent à ce site : la plus ancienne date de 1792, une autre est comme celle-ci du XIXe siècle, une date du XXe, et la dernière est de date indéterminée.

  

ci-contre :
Rouget de Lisle

 Enfants du niveau, de l'équerre, 
Le jour de gloire est arrivé ;
On n'entend dans la France entière 
Que les cris de l'égalité (bis).
Sans avoir prôné vos mystères, 
Sans avoir trahi vos serments, 
Vous voyez arriver les temps 
Qu'avaient préparés vos lumières ;

Aux armes, mes amis ; déchargez vos canons ;
Tirez, tirez à la santé de tous les vrais Maçons.

Quoi ! des profanes et des lâches 
Osaient mépriser nos marteaux, 
Quand dans vos temples, sans relâches 
Vous leur destinez vos travaux (bis) 
Amants sacrés de la nature, 
Répandez toujours vos bienfaits ;
Ces jaloux ne pourront jamais 
Ternir la vertu la plus pure.

Aux armes, etc.

Tremble, méchant, et toi parjure, 
Tu vois ici tes ennemis ;
De nouveau chacun de nous jure 
De te poursuivre en tous pays (bis) 
Mais toi, malheureux sans ressource, 
Toi, vertueux persécuté, 
Viens chez nous, de l'humanité 
Nous te découvrirons la source.

Aux armes, etc.

Vous qu'on n'admit dans les mystères, 
Qu'après bien des ans révolus, 
Vous trouverez encore des Frères 
Elevant un temple aux vertus (bis) ;
Non moins jaloux de leur estime, 
Que de partager leurs travaux, 
Vous allez creuser les tombeaux 
Qui doivent engloutir le crime.

Aux armes, etc.

Amour sacré de la patrie 
Tu vois chez nous tes défenseurs ;
Chez nous, l'égalité chérie 
Trouve de nouveaux zélateurs (bis) 
Sur la surface de la terre, 
Tous les Francs-Maçons répandus 
Ne font que prêcher les vertus 
Ne font que porter la lumière.

Aux armes, etc.

 

 

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