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Placide Cappeau,
le parolier de Minuit,
Chrétiens : un Frère ?
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C'est à Placide Cappeau
que le curé de Roquemaure avait demandé le texte du Minuit,
chrétiens en vue des manifestations qu’il voulait organiser
pour Noël au profit du financement des vitraux de sa collégiale Saint-Jean-Baptiste.
La présence en ville de l'ingénieur Laurey, qui construisait le
pont de Roquemaure et dont l'épouse avait connu Adam quand elle
chantait à l'Opéra de Paris, permit le recours à un compositeur
réputé.
Voici ce
que dit de Cappeau le site de l'Office du Tourisme de Roquemaure :
né le 25 octobre 1808 à Roquemaure, et décédé le 8 août 1877 à Roquemaure.
Négociant en vins et poète et auteur du célèbre chant « Minuit Chrétiens » en 1847, il écrivit « Le château de Roquemaure », « Le roi de la fève », « La poésie », « Le papillon » et « La rose ».
Il reçut dans ses salons les grands noms du félibrige notamment Mistral, Roumanille, Daudet… |
Cependant, selon
la page concernée
du site Musica et Memoria,
Placide Cappeau n’était pas du tout un homme d’église, un fervent catholique, mais au contraire un libre penseur, un voltairien. Au culte d’un Dieu, il préférait celui de l’Humanité.
Aurait-il
été maçon? C'est en tout cas ce que pense Jean-Yves Bronze dans son article
de la revue canadienne La
Scena musicale, où (sans citer ses sources) il lui attribue la
qualité de maire de
Roquemaure et le qualifie aimablement de franc-maçon, de
surcroît alcoolique.
Selon un article
de Michel GIRAUD, certains évêques vont interdire pendant quelques temps " Minuit chrétiens " dont A. de LAMARTINE disait : " c’est la Marseillaise des chrétiens ". Le cantique déplaisait à certaines soutanes : Alfred
Adam n’était-il pas juif, et Placide Cappeau, ivrogne et anticlérical notoire?
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Cappeau
réécrivit d'ailleurs son texte, qu'il fit paraître en 1876, dans son ouvrage Le Château de Roquemaure, poème historique en vingt chants,
sous le titre Cantique à l’orgue de Roquemaure. On pourra ci-dessous
comparer les deux versions, dont la deuxième (à droite) est effectivement
moins dévote (on remarquera aussi que le dernier couplet passe en vers de 12 pieds au
lieu de 10). Il s'en est expliqué lui-même : Nous avons cru devoir modifier ce qui nous avait échappé au premier moment sur le péché originel, auquel nous ne croyons
pas.
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Minuit ! Chrétiens, c'est l'heure solennelle
Où l'homme Dieu descendit jusqu'à nous,
Pour effacer la tache originelle
Et de son père arrêter le courroux :
Le monde entier tressaille d'espérance
A cette nuit qui lui donne un sauveur
Peuple, à genoux attends ta délivrance,
Noël ! Noël ! Voici le Rédempteur ! (bis)
De notre foi que la lumière ardente
Nous guide tous au berceau de l'enfant
Comme autrefois, une étoile brillante
Y conduisit les chefs de l'Orient
Le Roi des Rois naît dans une humble crèche,
Puissants du jour fiers de votre grandeur,
A votre orgueil c'est de là qu'un Dieu prêche,
Courbez vos fronts devant le Rédempteur ! (bis)
Le Rédempteur a brisé toute entrave,
La terre est libre et le ciel est ouvert
Il voit un frère ou n'était qu'un esclave
L'amour unit ceux qu'enchaînait le fer,
Qui lui dira notre reconnaissance ?
C'est pour nous tous qu'il naît, qu'il souffre et meurt :
Peuple, debout ! chante ta délivrance,
Noël ! Noël ! chantons le Rédempteur !
Noël ! Noël ! chantons le Rédempteur ! (bis)
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Minuit, chrétiens, c'est l'heure solennelle
Où, dans l'heureux Bethléem, vint au jour
Le messager de la bonne nouvelle
Qui fit, des lois de sang, la loi d'amour.
Le monde entier tressaille d'espérance
A cette nuit qui lui donne un Sauveur.
Peuple, à genoux ! Attends ta délivrance !
Noël, Noël ! Voici le Rédempteur.
De notre foi que la lumière ardente
Nous guide tous au berceau de l'Enfant,
Comme autrefois une étoile brillante
Y conduisit les chefs de l'Orient !
Le roi des rois naît dans une humble crèche.
Puissants du jour, fiers de votre grandeur,
A votre orgueil c'est de là que Dieu prêche :
Courbez vos fronts devant le Rédempteur.
De l'opulence il dédaigne les charmes ;
Toute hauteur s'abaisse devant lui.
De l'infortune il vient sécher les larmes
Et du plus humble il veut être l'appui.
Pauvres souffrants, près de lui dans l'étable
Voyez les rois et le simple pasteur !
Comme eux l'Agneau vous convie à sa table :
Consolez-vous aux pieds du Rédempteur !
Le vieux monde, à sa voix, soudain se régénère,
La terre se fait libre et le ciel est ouvert.
L'homme, sans son esclave, a reconnu son frère,
Et l'amour vient unir ceux qu'enchaînait le fer.
Ah ! laissons éclater notre reconnaissance !
C'est pour nous tous qu'il naît, et qu'il souffre, et qu'il meurt.
Debout, peuple, debout ! Chante ta délivrance !
Noël ! Noël ! Noël ! Chantons le Rédempteur !
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