Je chante sans contrainte

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Cette chanson figure, sous le titre Chanson composée par le Frère H** sur l'air Hé mais oui dà, aux pp. 43-46 du Nouveau Recueil de discours et chansons maçonnes, à l'usage de toutes les Loges régulières, daté de 1765.

Elle a été enregistrée, en la limitant à quelques-uns de ses couplets, par Bernard Muracciole dans son CD 275 ans de Chants maçonniques.

Nous n'en reproduisons ici que le texte.

Dans Chansons maçonniques des 18e et 19e siècles (ABI éd.), Ligou, se basant sur une autre source, donne également (p. 30) cette chanson, dans une version un peu différente, qui ne comporte pas le couplet Aux Visiteurs, mes Frères. Il la donne comme composée par le Frère H... P... d'Arles et en conclut qu'elle ne peut être antérieure à 1750, puisqu'il n'y avait pas de Loge à Arles avant cette date.

Version du Recueil de 1765

Je chante sans contrainte
Les vertus des Maçons 
Qui sont dans cette enceinte 
Pour tirer leurs canons.

Refrain
Hé mais ouida ! 
Comment peut-on trouver de mal à ça ? (bis) 

La vie la plus belle 
Est celle d'un Maçon 
Qui, tout rempli de zèle,
Tire bien son canon.

Jadis il fut un Temple 
Bâti par Salomon 
Nous suivons son exemple 
En tirant nos canons.

Le divin Vénérable, 
Sans avoir son cordon, 
Eclaire bien la table,
En tirant le canon.

Surveillants pleins de zèle 
Vous frappez du bon ton ; 
Vous êtes nos modèles 
Pour tirer le canon.

Orateur d'Hypocrène 
Assis sur l'Hélicon
Buvez à sa fontaine
 (1)
En tirant le canon.

C'est le Frère Terrible
Qui n'est jamais poltron ;
Sa bravoure est visible, 
En tirant le canon.

Officiers, Dignitaires, 
Maîtres & Compagnons, 
Fervents pour nos mystères 
En tirant le canon.

Aux Visiteurs, mes Frères,
S'ils venaient du Japon,
Pour leurs santés très chères
Tirons tous nos canons.

L'apprenti tout novice 
Etudie nos leçons :
En corrigeant ses vices 
Il tire le canon.

Le vulgaire stupide 
Médit de nous, dit-on ;
La sobriété nous guide 
En tirant le canon.

Frères votre indulgence 
M'accorde le pardon 
Mais si quelqu'un j'offense 
Qu'il tire son canon.

Version recueillie par Ligou

Je chante sans contrainte
Les vertus des Maçons 
Qui vont dans cette enceinte 
Pour tirer leurs canons.

Refrain
Hé mais oui dà ! 
Comment peut-on trouver de mal à ça ? (bis) 

La vie la plus belle 
Est celle d'un Maçon 
Qui tient bien la truelle 
En tirant le canon.

Jadis il fut un Temple 
Bâti par Salomon 
Nous suivrons son exemple 
En tirant nos canons.

Le divin Vénérable 
Sans avoir son cordon 
Eclaire bien la table 
En tirant son canon.

Surveillants pleins de zèle 
Vous frappez de bon ton 
Vous êtes nos modèles 
Pour tirer le canon.

Orateur d'Hypocrène 
Assis sur l'Hélicon
Buvez à la fontaine
 (1)
En tirant le canon.

C'est le Frère Terrible
Qui n'est jamais poltron 
Sa bravoure est visible 
En tirant le canon.

Officiers, dignitaires 
Maîtres et compagnons 
Fervents pour nos mystères 
En tirant le canon.

 
 
 

L'apprenti tout novice 
Etudie nos leçons 
En corrigeant ses vices 
Il tire le canon.

Le vulgaire stupide 
Médit de nous, dit-on 
Mais la vertu nous guide 
En tirant le canon.

Frères votre indulgence 
M'accorde le pardon 
Mais si quelqu'un j'offense 
Qu'il tire son canon.

L'air est celui donné par la Clé du Caveau (3e édition) sous le n° 338, sous les titres alternatifs Ah ! mais oui-dà, Le coeur de mon Annette et Je vous trouve plus belle. Ligou a recopié cette partition, en y ajoutant les paroles :

 

On peut également la trouver à une page du volume 5 du Théâtre de Favart (publié en 1763), ce qui confirme qu'elle provient bien de la comédie musicale d'Annette et Lubin. Celle-ci datant de 1762, nous pouvons donc conclure que le texte de la présente chanson fut rédigé par le Frère H... P... d'Arles entre 1762, date de création de l'air donné comme référence, et 1765, date de parution du recueil.

 (1) Hypocrène - ou plutôt Hippocrène (source du cheval) - est selon la mythologie une source qui jaillit lorsque le cheval ailé Pégase frappa un rocher du mont Hélicon, lieu de réunion des Muses. L'eau de cette source était censée favoriser l'inspiration poétique. Comme l'écrit joliment une page du site de la Cité scolaire Michelet : Enfourcher Pégase, c'est se lancer dans la poésie, faire des vers. C'est finalement se laisser porter sur les ailes de l'inspiration ; trouver une source d'inspiration (celle de l'Hippocrène) et être en compagnie des Muses, dans le cortège du dieu des arts.

 

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