Les Loges des Trinosophes

 

La Très Sainte Trinosophie est un ouvrage ésotérique attribué au très fumeux Comte de Saint-Germain, ouvrage dont il ne subsiste qu'un seul exemplaire, le manuscrit illustré 2400 de la Médiathèque de Troyes, qui l'a rendu accessible aux surfeurs.

La loge Les Vrais Amis, fondée en 1814 à Paris par Ragon, se rebaptisa en 1816 Les Trinosophes, avec l'ambition de devenir l'école normale de la franc-maçonnerie ( ! ). Nous ignorons si ce nom a été choisi par référence à l'ouvrage ci-dessus, ou par attrait pour un néologisme d'allure très maçonnique, puisque vraisemblablement formé du latin trinus (triple) et du grec sophia (sagesse).

Toujours est-il que cette Loge, de par la qualité intellectuelle de ses travaux, acquit une grande notoriété qui lui valut de nombreux imitateurs ; outre Les Trinosophes cénomans, on peut citer les Trinosophes Neustriens à Caen (fondée en 1825), les Trinosophes de Bercy (fondée en 1846), qui fit parler d'elle en 1870, et les Trinosophes Africains à Mostaganem, qui s'est, à la fin du XIXe siècle, distinguée par son antisémitisme ; il y eut aussi un essai de création des Trinosophes Guyanais en 1834.

Comme en témoigne ce superbe diplôme (gravé par Leprêtre), daté de mars 1830, il y eut même un Suprême Conseil des Trinosophes.

Ce Suprême Conseil comprenait, entre autres 33es, le Grand Maître (appellation modeste pour un président de Suprême Conseil !) Des Etangs (dont la signature est reconnaissable au détail ci-dessus malgré la faible qualité de l'image), Bouilly et Dupin.

(ci-contre) Nicolas Des Etangs (1766-1847), écrivain maçonnique fécond, fut 19 fois Vénérable des Trinosophes.

Comme on peut le voir à ce jeton, les Trinosophes de Bercy disaient - en un langage naïvement codé - se considérer comme des Admirateurs (ou plutôt des Adamirateurs ?) de Noë.

Le mot écrit en alphabet maçonnique est Vérité.

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