Le culte napoléonien
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Le culte de la personnalité napoléonien entretenu dans la maçonnerie française sous l'Empire est comparable à celui rendu - mais cette fois sans la complicité des maçons - aux grands dictateurs du XXe siècle. On en trouve d'innombrables témoignages tant dans le Tableau des titres distinctifs des Loges créées ou re-nommées à l'époque (ci-contre : médaille de l'Aigle Impériale de France, fondée à Paris en 1807) que dans le chansonnier maçonnique. |
Napoléon fut même traité en 1808, par le Frère Delagrange, Orateur des Neuf Soeurs, de héros auquel le Grand Architecte semble avoir confié la direction exclusive de la Grande Loge terrestre (source : Pierre Chevallier, Histoire de la Franc-maçonnerie française, Fayard, 1974, Tome II, p. 87).
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... et comme
on le voit au First Day Cover ci-contre
(qui associe curieusement la Révolution française et le bonapartisme),
il se trouve des américains pour en remettre une couche, en considérant
comme acquise l'Initiation en 1798 de Napoléon dans une "Army
Philadelphe Lodge" dont nous n'avons pas trouvé trace ...
L'appartenance maçonnique de certains de ses frères de sang, évoquée sur le même document, est par contre plus probable ou certaine. C'est assurément le cas de Joseph Bonaparte, Grand Maître du Grand Orient de France. |
A titre historique, quelques exemples figurent à ce site, traduisant une flagornerie servile autant qu'une triomphaliste mythologie guerrière et nationaliste :
pour l'Inauguration du buste de sa Majesté (Toulouse, 1808)
Couplets chantés en loge pour l'inauguration du Buste de l'Empereur, qu'on croit n'être pas Maçon
La Saint-Jean d'Hiver 5808 au GOdF
Couplets en l'honneur des victoires du grand Napoléon (Paris 1806)
Hymne héroïque (Caen 1805)
Cantique pour la Paix et pour Napoléon (Reims 1806)
Le grand Saint-Napoléon (Saumur 1809)
Les Triomphes de nos Frères-d'Armes (Alençon 1805)
Couplets pour célébrer les victoires napoléoniennes (Paris 1806)
La Paix de Tilsit (Lyon 1807)
Hommage à l'Empereur (Longwy, 1810)
Ce culte de la personnalité s'étendait également aux créatures que Bonaparte avait désignées pour contrôler la maçonnerie et la mettre à son service, comme Cambacérès, Lacépède ou son frère Joseph, ainsi qu'aux autres membres de sa famille.
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A la Restauration, les Loges firent bien entendu assaut de dévouement au Trône.
L'enthousiasme napoléonien n'avait cependant pas faibli chez certains maçons ; en témoigne l'Hommage maçonnique à la mémoire de l'Empereur Napoléon, discours que Bazot a prononcé en Loge à l'occasion du triomphal retour en France des cendres de celui-ci en 1840 (une réédition de ce texte a été effectuée en 2001 par l'éditeur Christian Lacour-Ollé, aux éditions Lacour/Rediviva).
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C'est
peut-être l'explication de l'enthousiasme manifesté par certains maçons
lors de l'élection, en 1848, de Louis Napoléon Bonaparte à la
présidence de la nouvelle République (qu'il maintiendra par sa
prudence comme l'affirme, avec un optimisme qui sera bientôt
démenti, la médaille ci-contre, visiblement d'origine maçonnique mais
sans aucune mention d'émetteur).
D'autres par contre ont manifesté une plus grande réserve, qui allait se révéler justifiée. |
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C'est ainsi (source : Histoire de la Franc-maçonnerie française de Pierre Chevallier, Fayard, 1974, T. 2, p. 340) que la Loge de Dôle le Val d'Amour protestait avec douleur en décembre 1848 contre une circulaire émanant de Frères parisiens et invitant les maçons de province à appuyer, pour la présidence, le citoyen Louis Napoléon Bonaparte. Elle estimait en effet inopportun que les Maçons se constituent publiquement en courtiers d'élection.
Second Empire
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Le Second Empire allait être l'occasion de ressusciter le culte napoléonien. On voit ci-contre un document, daté du 19 mars 1859, émanant de la Loge marseillaise La Française de Saint-Napoléon. En 1852 fut créée à Paris la très sélecte (Son Tableau - voir plus bas - est un véritable Gotha) Loge Bonaparte. ci-dessous : les deux faces d'un jeton de présence de cette Loge, encadrant une image empruntée aux pages Musée virtuel du site de la Grande Loge Nationale Française : médaille (surmontée d'un aigle impérial) de fondateur de la Loge Bonaparte, offerte au Frère Papeil. |
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Son Vénérable eut à ce moment l'aplomb d'écrire : Bonaparte a été la maçonnerie incarnée, comme le Christ notre divin maître a été l'incarnation de la Divinité. (source : Histoire de la Franc-maçonnerie française de Pierre Chevallier, Fayard, 1974, T. 2, p. 395 On trouvera plus de détails sur l'histoire de cette Loge dans l'article Napoléon, Lucien, "Plon-Plon" et les autres : la maçonnerie "officielle" sous le Second Empire de Yves Hivert-Messeca, accessible sur le site de l'IDERM). |
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Point final : la Loge Bonaparte disparut en 1871, malgré qu'elle se soit prudemment renommée La Modération. | |
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